Marie,
Mère de Dieu, non seulement est la plus proche de Dieu et participe
comme il n'est donné à personne à la grâce dont Dieu est la source [451], mais elle est aussi si ineffablement unie à lui qu'elle en est
l’Épouse: en elle et par elle, Dieu engendre très chastement la grâce.
L'Immaculée, dit le père Kolbe, « est
unie de manière ineffable à l'Esprit-Saint, par le fait qu'elle est
son Épouse, mais elle l'est dans un sens incomparablement plus
parfait que ce que ce terme peut exprimer chez les créature ».
C'est une union intérieure très chaste qui donna lieu à une vie
divinement féconde : « Comment décrire cette union? Elle
est avant tout intérieure, c'est l'union de son être avec l'être
de l'Esprit-Saint. L'Esprit demeure en elle, vit en elle, et cela dès
le premier instant de son existence, toujours et pour l'éternité.
En quoi consiste cette vie de l'Esprit-Saint en elle? Lui-même est
amour en elle, l'amour du Père et du Fils, l'amour avec lequel Dieu
s'aime lui-même, l'amour de toute la Très Sainte-Trinité, un amour
fécond, une conception. Dans les ressemblances créées, l'union
d'amour est la plus étroite. La sainte Écriture affirme que dans le
mariage ils seront deux en une seule chair (cf. Gn. 2, 24), et Jésus
souligne : « C'est pourquoi ils ne sont plus deux, mais
une seule chair » (Mt. 19, 6). D'une façon plus rigoureuse,
sans comparaison, plus intérieure, plus essentielle, l'Esprit-Saint
vit dans l'âme de l'Immaculée, dans son être et la féconde et
cela dès le premier instant de son existence pour toute sa vie,
c'est-à-dire pour toujours. Cette Conception Immaculée incréée
conçoit de façon immaculée la vie divine dans le sein de son âme
à elle, Immaculée Conception. Et le sein virginal de son corps (de
l'Immaculée) lui est réservé (au Saint-Esprit) pour qu'Il y
conçoive dans le temps – comme tout ce qui est matériel advient
dans le temps – la vie même de l'Homme-Dieu.Ce n'est pas tout : « L'Esprit-Saint, le divin Époux de l'Immaculée agit seul en elle et, à travers elle, il communique la vie surnaturelle, la vie de la grâce, la vie divine, la participation à l'amour divin, à la divinité. Le père Kolbe peut en tirer toutes les conséquences : « Par cela, justement, elle est devenue Médiatrice de toutes les grâces; précisément par cela, elle est vraiment la Mère de toute grâce divine », « […] la Médiatrice de toutes les grâce de l'Esprit-Saint »; médiatrice « de toutes les grâces, parce qu'elle appartient à l'Esprit-Saint, en raison de la plus intime et vitale union à l'Esprit-Saint. Voilà pourquoi, par elle, on va à Jésus-Christ et au Père ». Et aussi : « L'Immaculée est la mère de toute notre vie surnaturelle, parce qu'elle est la Médiatrice des grâces, ou plutôt la Mère de la grâce divine. Donc, elle est notre mère dans la sphère de la grâce, dans la sphère du surnaturel. »
On trace ainsi ce que nous pourrions
appeler le circuit habituel de la grâce, circuit montant et
descendant : « … comme la grâce vient à nous du Père
par le Fils et l'Esprit-Saint, ainsi, à bon droit, les fruits de
cette grâce montent de nous au Père en ordre inverse, ou encore par
l'Esprit-Saint et le Fils, c'est-à-dire par l'Immaculée et Jésus.
C'est cela le prodigieux prototype du principe d'action et de
réaction, égal et opposé, comme l'expriment les sciences
naturelles. » C'est la « voie » unique, obligée,
inéluctable : « Du moment où s'est réalisée cette
union (de l'Immaculée avec l'Esprit-Saint), l'Esprit-Saint n'accorde
aucune grâce, le Père ne fait descendre par le Fils et
l'Esprit-Saint, la vie surnaturelle dans l'âme qu'en passant par la
Médiatrice de toutes les grâces, l'Immaculée, avec son assentiment, avec sa collaboration. Elle reçoit tous les trésors de grâce, en propriété, et les distribue à qui elle-même le veut et dans la mesure où elle le veut. »
La pensée du Père Kolbe, comme on le voit, est très claire : c'est dans l'Immaculée et par l'Immaculée que l'on acquiert la grâce et c'est l'Immaculée qui la distribue. L'Immaculée s'insère dans la « chaîne », à son poste et dans
sa fonction de créature, sans aucun détriment pour la dignité et la nécessité absolue de l’œuvre du Christ. Il faut garder cet ordre et cette subordination d'êtres et de tâches présents à l'esprit de façon cohérente, même dans la dévotion pratique.
451. " Plus on est proche du principe, en n'importe quel genre, plus on participe de son effet [...] Or, la Vierge Marie fut la plus proche du Christ selon l'humanité [...] Et c'est pourquoi elle devait obtenir du Christ, plus que tous les autres, plénitude de grâce. " (D'AQUIN, THOMAS (SAINT), Somme Théologique, III, q. 27 a. 5).
-Avec l'Immaculée et le père Maximilien Kolbe contre les "ennemis" de Dieu et de l'Église, père Antonio M. Di Monda O.F.M. Conv., Courrier de Rome, 1986, p. 133-136.
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